Comment et pourquoi j’utilise le ratio de la perception de l’effort. (RPE)

Un des éléments les plus importants dans l’entraînement, si non le plus important, est de bien moduler la charge de travail.

L’entraînement, c’est en fait de l’adaptation. Il s’agit de produire une demande afin que le corps puisse créer les adaptations nécessaires face à une charge. Une trop grosse demande et le corps brisera. Une trop faible demande et le corps ne produira pas d’adaptation de manière optimale.

Souvent, on enseigne aux entraîneurs de calculer leur charge par leur volume. Nombre de tours, durée de l’entrainement, nombre de lancés, kilomètres parcourus… Cependant, nous savons maintenant que de calculer seulement ces éléments externes n’est pas suffisant.

Les entraîneurs se doivent d’utiliser des éléments internes à l’athlète. Cela peut être une donnée physiologique objective telle que la fréquence cardiaque au repos, la variabilité cardiaque ou une donnée plus subjective telle que la perception de l’effort (RPE).

Le RPE est une donnée subjective de perception de l’effort et de l’intensité d’une séance d’entrainement. J’utilise l’échelle sur 10, allant généralement entre 5 et 10 pour un entraînement. 10 étant une intensité maximale.

Malheureusement, les applications et logiciels qui aident les équipes et les entraîneurs dans ce domaine peuvent être très coûteux pour un club et parfois trop complexes pour un niveau d’athlète en développement.

Je vous présente ici la façon que j’ai calculé la charge et le volume lors des dernières saisons.

J’ai passé par un processus d’essais avec plusieurs méthodes. Comme tout le monde, j’ai débuté en calculant le nombre de tours de chaque entraînement et de chaque semaine. J’ai aussi essayé la méthode de Tim Gabbett du Acute:Chronic workload ratio.

J’ai aussi fait l’essai de prendre 3 données, soit la fréquence cardiaque au réveil, RPE au réveil et RPE après les deux entraînements d’intensité de la semaine. Dans un contexte d’une structure de club et de centre régional avec des jeunes athlètes de 12-18 ans, l’engagement des jeunes de prendre plusieurs données peut être un défi.

J’ai donc modifié mon approche afin de prendre une seule donnée, soit le RPE après l’entraînement, deux fois par semaine dans les entraînements ciblés comme étant intenses. Il s’est avéré beaucoup plus facile de faire ainsi et d’engager les jeunes dans le processus. Cela servait de méthode pour prendre les présences, prenait deux minutes, et permettait d’avoir une donnée qui renseigne à la fois du point de vue psychologique que du point de vue physique.

Le RPE est une méthode fantastique, facile et gratuite. Elle prend peu de temps durant l’entraînement et aide à avoir des conversations avec les athlètes afin d’obtenir une rétroaction précieuse sur le programme d’entraînement et les ajustements qu’un entraîneur doit effectuer. Il est possible de prendre le RPE tous les jours, mais comme vous le constaterez dans les graphiques ci-dessous, il est aussi possible de prendre la donnée seulement 2-3 fois par semaine lors d’entraînements ciblés et avoir une bonne idée de la direction de la charge de travail. Je considère que d’entraîner sans cette donnée équivaut à entraîner comme si nous étions aveugles.

Avec le temps, j’en suis même venu à ne plus calculer le volume dans mes programmations puisque j’ajuste l’intensité et le volume selon les données des athlètes et selon où nous sommes dans la saison et où je désire amener chaque athlète. Cela me permet de construire ma programmation selon les besoins et la réalité qui se présente devant moi et moins selon une idée biaisée et personnelle de la situation.

Cette méthode permet aussi d’introduire les jeunes athlètes à prendre un moment pour se questionner et intérioriser comment ils se sentent dans leur corps et dans leur tête.

Pour l’entraîneur, cela permet parfois d’avoir des informations sur la vie de l’athlète. Par exemple, un jeune pourrait bien paraitre techniquement à l’entraînement, mais présenter un RPE avec un écart à la moyenne, car il se sent fatigué psychologiquement des examens ou d’une situation dans sa vie personnelle.

Voici le gabarit en version Excel que j’ai utilisé lors des trois dernières saisons. Je l’utilisais en version sur Google Drive afin de pouvoir mieux le partager en temps réel aux différents entraîneurs de différents clubs. Cela permettait donc aussi d’avoir des discussions entre intervenants et de mieux travailler en équipe avec les autres entraîneurs pour encadrer les jeunes athlètes.

Vous pouvez le télécharger et l’utiliser tel quel ou le modifier selon vos besoins.

Voici des exemples visuels de mes tableaux pour différentes périodes lors des blocs d’entraînements.

Comme toujours, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Rémi

Chaque ligne représente un athlète, chaque colonne représente la valeur pour une journée
Chaque barre représente la moyenne du groupe pour un entrainement

Suggestions lecture:

Validity of the session-RPE method for determining training load in team sport athletes. (2003). Journal of Science and Medicine in Sport, 6(4), 525. https://doi.org/10.1016/S1440-2440(03)80285-2

Impellizzeri, F. M., Rampinini, E., Coutts, A. J., Sassi, A., & Marcora, S. M. (2004). Use of RPE-Based Training Load in Soccer: Medicine & Science in Sports & Exercise, 36(6), 1042–1047. https://doi.org/10.1249/01.MSS.0000128199.23901.2F

Herman, L., Foster, C., Maher, M., Mikat, R., & Porcari, J. (2006). Validity and reliability of the session RPE method for monitoring exercise training intensity. South African Journal of Sports Medicine, 18(1), 14. https://doi.org/10.17159/2078-516X/2006/v18i1a247

Wallace, L., Coutts, A., Bell, J., Simpson, N., & Slattery, K. (2008). Using Session-RPE to Monitor Training Load in Swimmers: Strength and Conditioning Journal, 30(6), 72–76. https://doi.org/10.1519/SSC.0b013e31818eed5f

Eston, R. (2012). Use of Ratings of Perceived Exertion in Sports. International Journal of Sports Physiology and Performance, 7(2), 175–182. https://doi.org/10.1123/ijspp.7.2.175

Haddad, M., Stylianides, G., Djaoui, L., Dellal, A., & Chamari, K. (2017). Session-RPE Method for Training Load Monitoring: Validity, Ecological Usefulness, and Influencing Factors. Frontiers in Neuroscience, 11, 612. https://doi.org/10.3389/fnins.2017.00612

Meckel, Y., Zach, S., Eliakim, A., & Sindiani, M. (2018). The interval-training paradox: Physiological responses vs. subjective rate of perceived exertion. Physiology & Behavior, 196, 144–149. https://doi.org/10.1016/j.physbeh.2018.08.013

Halperin, I., & Emanuel, A. (2020). Rating of Perceived Effort: Methodological Concerns and Future Directions. Sports Medicine, 50(4), 679–687. https://doi.org/10.1007/s40279-019-01229-z

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