Affronter l’indifférence à la vérité dans les organisations et les entreprises

Certains avancent que nous sommes dans une ère de post-vérité et ce, malgré que les canaux de communication soient disponibles en plus grand nombre et avec une plus grande efficacité qu’à n’importe quel moment dans l’histoire de l’humanité.

Les récents travaux de Dr. Ian McCarthy portent sur la désinformation dans les entreprises et les organisations.

En terme plus clair, on parle ici de « Bullshit » (BS). Tel que le mentionne Dr. McCarthy, l’emploi du terme BS n’est pas utilisé afin de provoquer. Le terme BS est une forme conceptuelle très précise et importante dans la description de fausses représentations ou d’indifférence envers la vérité.

Selon Harry Frankfurt, éminent professeur de philosophie à l’université de Princeton, la BS n’est pas la même chose que le mensonge.

Le mensonge serait un acte où la personne sait qu’elle est la vérité, mais s’appliquerait à essayer de la subvertir. En d’autres mots, le mensonge c’est connaître la vérité, mais essayer de l’anéantir.

Quelqu’un qui emploie la BS n’aurait, de son côté, aucun égard face à la vérité et agirait sans aucune contrainte face à celle-ci. Un « Bullshitter » ne fait qu’inventer des trucs.

De cette façon, un Bullshitter peut s’avérer dire la vérité à un moment où à un autre puisqu’ils ne fait qu’inventer des choses. Les Bullshitters ont une sorte de liberté complète étant donné qu’ils peuvent dire ce qui leur plaît afin de poursuivre leur agenda personnel, professionnel ou politique. Si, en conclusion, un Bullshitter se trouve à avoir raison, ce sera par accident et non pas grâce à l’égard des faits.

Une personne qui partage de la BS pourra le faire avec de bonnes intentions, par exemple avec l’intention de ne pas paraître négatif ou de ne pas partager de mauvaises nouvelles. Cette personne peut aussi partager de la BS simplement parce qu’elle ne connait pas la vérité et aura peur du jugement des autres.

La BS est d’emblée abstraite, manque de sources et de logique.

Les gens ont tendance à dire plus de BS lorsque :

  • Les attentes sociales pour avoir une opinion sont élevées
  • Ils s’attendent à s’en sortir sans être tenus responsables
  • Leurs publics (au Bullshitters) n’ont pas les connaissances sur le sujet

Voici plusieurs éléments afin de prévenir la BS dans les organisations et les entreprises.

  • Privilégier l’expertise au lieu de l’égalitarisme
  • Privilégier les preuves sur les opinions. Les leaders cadres opèrent largement sur la base de superstition que sur la base des faits.

    Se baser sur les preuves est central à la pensée critique et est un désinfectant pour la BS. La gestion fondée sur les faits est la mise en pratique d’idées et de principes basés sur les meilleures preuves. Il s’agit d’une pratique qui aidera à utiliser les meilleures informations disponibles plutôt que de se fier à des expériences et des opinions anecdotiques et personnelles.
  • Encouragez la pensée critique : il est bien plus dangereux de supposer que les gens savent de quoi ils parlent que de supposer qu’ils ne savent pas et de les laisser prouver le contraire. Par conséquent, utilisez une approche de la pensée réfléchie, sceptique, rationnelle, ouverte d’esprit et guidée par des preuves. La pensée critique est plus lente, plus laborieuse, plus calculatrice et plus consciente.
  • Interdire l’excès de jargon et la supercherie statistique : le jargon rend légitime la BS car il peut faire passer une déclaration en apparence professionnelle et basée sur une expertise spécialisée. Le jargon facilite également la progatation de la désinformation.
  • Éliminer les réunions et les comités inutiles : les réunions et les comités inutiles sont un mécanisme organisationnel qui aide à produire et à diffuser la BS. Afin d’éviter cela, les organisations doivent établir des comités et des réunions lorsqu’ils constituent un mandat clair, avec un ordre du jour à valeur ajoutée et lorsque les bons participants peuvent contribuer. La réunion doit être remise en question à moins qu’une décision importante doive être prise.

Les gens se livre à partager de la BS lorsqu’ils anticipent à ne pas être tenu responsable et avoir une sorte de « passe sociale » d’acceptation et de tolérance dans leur communication de la BS. La BS est plutôt répandue dans les environnements dans lesquels il est clair qu’il n’est pas nécessaire de se préoccuper des preuves et des faits.

En tant que leader, quelles sortes d’environnements créez-vous?

Suggestions lecture

McCarthy, I. P. (n.d.). Confronting indifference toward truth: Dealing with workplace bullshit. 11.

Ferreira, C., Hannah, D., McCarthy, I., Pitt, L., & Lord Ferguson, S. (2020). This Place Is Full of It: Towards an Organizational Bullshit Perception Scale. Psychological Reports, 003329412097816. https://doi.org/10.1177/0033294120978162

Frankfurt, H. G. (1986). On Bullshit (Vol. 39, Issue 4, pp. 701–705). Princeton University Press.

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